Canet de notes

Par Guillaume D

 Les meilleurs trips sont souvent les plus inattendus.

 

Les plus belles rencontres, comme les voyages, sont de celles que l'on n'attend pas.

 

Pour moi, la souffrance fait partie intégrante de l'alpinisme, c'est même un élément qui le définit. S'aventurer sur des territoires extrêmes soulève toujours la même question : êtes-vous capable de supporter ces difficultés ? Je crois qu'on apprend à mieux se connaître dans la souffrance qu'en restant dans sa zone de confort.

 

La biqualification est naturelle chez nous, pour que nous puissions avoir plusieurs métiers et vivre à la montagne toute l'année.

 

Mon amour pour la montagne est incroyable, et je reste passionné par ces cinq grands éléments où l'aventure peut s'exercer : la montagne, la mer, l'air, les volcans et les déserts. 

Voyage en Inde - Himalaya : 14 août 2012 : Trek Zanskar & Ladakh : Etape 13 : Hanumil - Parfi La (3970 m) - Snertze (3830 m)
Voyage en Inde - Himalaya : 14 août 2012 : Trek Zanskar & Ladakh : Etape 13 : Hanumil - Parfi La (3970 m) - Snertze (3830 m)

 

La haut, personne ne fait trop attention ni aux odeurs ni à l'hygiène, qu'il est bien difficile d'entretenir en l'absence de douches ou avec les canalisations gelées et le papier toilette rationné... Nous nous débrouillons donc pour avoir les dents propres et nous rincer l'entrejambe de temps en temps : le minimum syndical pour ce trip où l'important réside dans la nature alentour et la trace qu'on espère y laisser. La vraie vie quoi !

 

La saisonnalité. L'été est mieux pensé à la mer. Une bonne moitié de l'année lui est consacrée. En montagne, allez savoir pourquoi, nous l'avons réduit à une courte fenêtre, quelques semaines tout au plus. Mi-juillet mi-août les bons crus. Juste avant, les névés se feront gênants ; juste après, ce seront les premières neiges. Chaque été une éclipse de soleil, ça vous pause l'offre touristique.

 

La cherté, principe fondateur de l'adhésion populaire, toute activité gratuite est une inactivité, au mieux une occupation. Quelle drôle d'idée que ces lacs, rochers et via ferrata offerts à tous ? La gratuité entretient le doute, éveille le soupçon. Copions les marginales sudistes ! Un cabanon, un portique, un caissier mal luné et quinze euros la demi-journée voilà une invitation ; 10% de remise pour l'illusion, le tour est joué. Vous joueriez au minigolf s'il était gratuit ? Payer rassure, le prix, de tout temps, a fait la valeur. Au refuge du Trient, le litre de Cristaline est à 10€ et ils ont un monde fou. La preuve.


"La montagne n'échappe pas à l'évolution de la société et du tout sécuritaire conduisant à ce que l'on prenne moins de risques et que l'on veuille être certain des conditions d'un itinéraire avant de s'y lancer..." (M. Maynadier).

Jamais sans mon topo ?

Les descriptions techniques excessivement détaillées tendent à réduire considérablement la possibilité de la découverte et les satisfactions incomparables qu'elle procure. "Le topo ouvre l'espace et en même temps il le referme" (P Bourdeau).

Perçu comme un réducteur du potentiel de découverte (du monde et de soi) certains le voient au contraire comme un outil d'incitation à l'exploration. L'expérience de la montagne, sans surprise, serait donc dégradée, appauvrie. Le droit de se perdre, d'errer, de chercher au milieu des montagnes et de ses dangers est une recherche de sens fort. S'engager en montagne sans topo est une liberté essentielle.

Le topo parfait est donc qu'il doit être une invitation guidée tout en laissant une part d'inconnu et d'aléas, enjeu paradoxal principalement pour nos pratiques étant des activités de découvertes.

Gravir une montagne, ça sert à quoi ?

 Dans l'absolu, gravir une montagne ne sert à rien. Éventuellement à flatter l'égo de son auteur. À nourrir ces infinis bonheurs qui construisent la sérénité d'une âme. Ou à célébrer le dépassement de soi, la contemplation d'une beauté infinie, la réalisation d'objectifs personnels et/ou de rêves intimes. Parfois même à transmettre un message, un état d'esprit, voire à donne

r du sens à une vie. Ce n'est pas pour rien, me direz-vous. Certes. Vous avez raison. Et c'est d'ailleurs la raison pour laquelle les Hommes continueront sans doute encore longtemps à gravir des montagnes.

 

 


Je reste passionné par ces cinq grands éléments où l'aventure pour s'exercer : la montagne, la mer, l'air, les volcans et les déserts. N'amenez pas en montagne ou en voyage les défauts de la ville occidentale, sa pollution et ses comportements !

Voyage Inde - Himalaya : 15 août 2012 : Trek Zanskar & Ladakh : Etape 14 : Snertze - Hanuma La (4750 m) - Lingshed (4020 m)
Voyage Inde - Himalaya : 15 août 2012 : Trek Zanskar & Ladakh : Etape 14 : Snertze - Hanuma La (4750 m) - Lingshed (4020 m)

La montagne nous rend modestes !
Moi, j'aime la joie de me surpasser, mais même si je souffre à certains moments, c'est le sourire qui importe.

Et si j'avais un message à vous faire passer, ça serait : grimpez avec des potes, partagez vos passions. Ne soyez pas des moutons, choisissez des endroits où vous pourrez vivre vos aventures, loin des foules... Il est inutile d'aller au Cervin ou au Mont Blanc en plein été, préférez d'autres moments, n'amenez pas en montagne les défauts de la ville, sa pollution et ses comportements !

 

C'est qu'à prendre goût à la montagne, on aurait tendance à lui préférer ses versants calmes et vierges de pylônes. Cette préférence est une histoire de goûts mais aussi d'éducation et d'opportunités. Tout le monde n'a pas eu la chance de grandir au fin fond de la Vallée Verte ou du Beaufortain, faisant ainsi rimer montagne et ruralité ou parfois au beau milieu des stations de montagne.

Écris-moi l'alpinisme - Ce besoin de raconter.

Au retour d'une course, l'alpiniste raconte. À son voisin, à sa maman, à ses collègues, à son Facebook. "La montagne est un terrain qui donne l'envie du récit, une matière à raconter des aventures". "Tout alpiniste a ce besoin de témoigner, lui-même suscité par le sentiment d'avoir vécu là-haut quelque chose d'exceptionnel. On veut partager certes, mais on veut aussi dire sa joie et/ou se valoriser aux yeux de ceux qui ont eux aussi vécu une telle expérience" (B. Amy). "A chaque fois que l'on va en montagne, on vit quelque chose d'exceptionnel, hors de l'ordinaire, il faut qu'on le raconte". Après une expédition, quand vient le moment de retrouver le monde d'ici-bas, on a le sentiment d'avoir été ailleurs, retranchée, inatteignable. Le temps passe, la vie se peuple de petits riens rassurants et apaisants. Puis le social revient. Les moments insignifiants finissent par devenir fades. Une des singularités de l'alpinisme, quoi que l'on ait pu dire au préalable, reste néanmoins sa difficile visibilité. L'alpinisme se joue loin, à peu, isolé des passants curieux, imperceptible au regard de la société. La haute-montagne est un lieu à forte valeur affective, qui passe difficilement aux yeux du grand public. La montagne n'est pas qu'affaire de grimpeurs : elle se donne à tout amateur de nature, de philosophie, d'espace (J-C Legros).